L'éditorial du numéro 417 du bimensuel « Gauche Ouvrière » (Εργατική Αριστερά)

Traduction : Manolis Kosadinos

25/09/2018

Le seul intérêt de la présentation des programmes de SYRIZA et de Nouvelle Démocratie  (ND) à la Foire Internationale de Thessalonique (ΔΕΘ/TIF) est qu’à travers cela a été démontrée de manière concrète la convergence et coexistence concurrentielle de Tsipras et Mitsotakis dans les conditions créées par la prétendue « fin » des mémorandums.

Si on laisse cette politique avancer sans opposition, il en résultera une austérité brutale pérenne pour la majorité sociale, associée à la tentative systématique du gouvernement et de l'opposition de renforcer la position de la classe dirigeante locale. Le récit classique selon lequel la part des pauvres augmentera seulement à travers la croissance du « gâteau » dans son ensemble, est remis à l’ordre du jour. En y rajoutant une note importante en bas de que la condition pour chaque mesure à caractère social l’accord des créanciers sera requis.

Il n'est pas du tout certain que les choses vont se passer comme ça.

La majorité travailleuse a été broyée après dix ans de politiques mémorandaires et l’incursion de ses revendications sur la scène politique peut changer la situation dans son ensemble. C'est le travail sur lequel la Gauche radicale doit concentrer ses efforts. Le renversement de la pente d’austérité mémorandaire des salaires, des pensions et des dépenses sociales est le devoir central de cette étape.

Après 3,5 ans de gouvernement SYRIZA, la situation réelle en Grèce est la preuve de l’affirmation fondamentale selon laquelle une «gouvernance» néolibérale en matière économique et sociale conduit nécessairement à des politiques conservatrices extrêmes sur l’ensemble de la matière.

Pendant qu'une partie de SYRIZA demandait la permission de participer aux manifestations antifascistes et antiracistes à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de Pavlos Fissas, à Moria en Mytilène, en une semaine, 4 réfugiés mineurs ont tenté de mettre fin à leurs jours. Alors que Mitsotakis, à la Foire Internationale de Thessalonique, brandissait des photos du misérable camp de réfugiés en vociférant... La honte sureux!

Au moment où le parti SYRIZA s’efforce à faire valoir que, au moins dans le domaine des droits humains il a apporté quelques conquêtes, un activiste du mouvement LGBT se fait lyncher dans le centre d’Athènes par «des bons chefs de famille » en furie, juste devant la police antiémeute restée impassible.... Certes, le gouvernement ordonnera une certaine « enquête »  tout en omettant de justifier ce qu’il a plus ou moins mis en place pendant maintenant trois ans et demi dans face aux agissements de ce monde angélique de collusion entre l’extrême droite raciste, les agents des forces anti-émeutes et la presse de la haine (comme par exemple le journal « Makelio », toujours en vente aux kiosques.

En même temps, dans un rare consensus d’unanimité, Bush, Trump, Merkel, Macron, les dirigeants de l’OTAN et de l’UE se sont empressés d’intervenir dans le débat  qui précède en République de Macédoine le référendum, en soutenant, de concert avec Tsipras, l'accord d'expansion de l'OTAN comme étant une politique de paix et de démocratie! « Montre-moi vos amis pour me faire comprendre qui tu es ! »

Cette politique doit être renversée. Les actions sur tous les fronts doivent converger. Et la seule politique qui fait avancer aujourd’hui cette tâche se condense dans le mot d’ordre: Ni SYRIZA - Ni Nouvelle Démocratie. Alors que la couverture du vide politique qui en résulte repose désormais aux processus au sein de la Gauche radicale.

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